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Il Concerto dell’acqua

Biennale d’art contemporain de Venise de 2022

Il s’agit d’un ciné-concert qui se déroule la nuit sur une petite place de Venise aux lumières éteintes.

Le film commence sous un ciel de lune, sur les glaciers d’une montagne. La neige bruisse, les crevasses craquent,
des gouttes tombent. S’approchant des éléments on le voit et on l’entend distinctement : tout fond.

À mesure que l’on entre dans ce film nocturne, que la glace se met à couler en ruisseaux et que nos yeux s’habituent à la pénombre, on le distingue : un chœur se trouve près de nous. Les sons que l’on entend “sortir” des images sont en fait joués par des gens. Une quinzaine de bouches, le double de mains. Muni.e.s de plastiques, de restes métalliques, d’objets en fin de vie ou instruments plus vifs ou complexes, ces Vénitien.ne.s rassemblé.e.s s’affairent à faire sonner l’eau qui se transforme et monte sur la ville de Venise. Les sons, hyperréalistes, emplissent l’espace et forment la sensation de présence de l’eau. Pourtant, ils sont humains. De l’ensemble se dégage une sensation diffuse de musique.

La performance, en proposant à des étudiants, des musiciens et des amis de Venise de rejouer exactement ce que l’eau “dirait” dans les images, propose, en même temps qu’une peinture sonore fidèle qui pourrait rappeler les démarches de la Renaissance, une sorte de cérémonie d’”adresse”, un moment d’appel ou de parole échangée. Plongeant performeurs et spectateurs dans les réalités sensibles de l’eau elle tend à les rassembler, pour un temps, au diapason de l’élément pour produire un moment de co-animation, de coperception. L’on verra alors si la musique qui affleure dans ce récit partagé peut nous porter ensemble dans une sorte de temps du rêve incluant cette ville, le continent et ses montagnes, la terre et ses glaciers alors qu’ils sont en train de fondre, et font monter le niveau de la mer, là, justement. 

Le Concert de l’eau d’Ariane Michel est le troisième volet de 3 Easy Pieces, une série de performances déployées à Venise depuis 2005, curatée par Silvia Guerra et produite par le Laboratoire artistique Bel.

 

Communiqué de presse